Qu’est-ce qu’une approche holistique ?

6–9 minutes

Comprendre cette vision globale de l’être

L’approche holistique considère la personne dans sa globalité, plutôt que de séparer le corps, le mental et les émotions. Ainsi, elle invite à observer les différents aspects qui participent à l’équilibre et au bien-être.

Cette vision s’intéresse donc à la personne, à son histoire, à son environnement et à ses habitudes. Elle cherche également à comprendre les interactions entre ces différentes dimensions.

Cependant, le terme « holistique » recouvre plusieurs réalités. Il convient donc de distinguer une vision globale de la santé et les pratiques qui lui sont associées.

L’approche holistique : une vision globale de l’être

Le mot « holistique » vient du grec holos, qui signifie « entier » ou « totalité ». Ainsi, cette notion repose sur l’idée que les différentes dimensions d’une personne sont interconnectées.

L’Organisation mondiale de la Santé décrit d’ailleurs les soins holistiques comme une approche prenant en compte la personne dans son ensemble. Cette approche considère notamment les dimensions psychologiques, sociales et environnementales. (Organisation mondiale de la santé)

Dans cette perspective, un inconfort ne se résume pas nécessairement à son expression physique. Le contexte de vie, les émotions, les relations ou les habitudes peuvent également mériter une attention particulière.

Cependant, cette vision ne signifie pas que tout problème physique possède une origine émotionnelle. Une telle interprétation serait trop simpliste et pourrait conduire à des conclusions injustifiées.

L’approche holistique propose plutôt d’élargir le regard. Elle complète ainsi l’observation d’un symptôme par une réflexion sur la personne qui le vit.

Corps, mental, émotions : des dimensions qui dialoguent

Notre quotidien nous rappelle régulièrement combien ces dimensions peuvent interagir. Par exemple, une période de stress peut modifier notre sommeil, notre respiration ou notre niveau de tension.

À l’inverse, un manque de sommeil peut influencer notre humeur et notre capacité à gérer certaines situations. De même, une période émotionnellement difficile peut modifier nos habitudes quotidiennes.

Ces interactions sont notamment étudiées dans le modèle biopsychosocial. Ce modèle considère les facteurs biologiques, psychologiques et sociaux dans la compréhension de la santé. (PubMed)

Ainsi, prendre soin de soi peut impliquer plusieurs dimensions. Cela peut concerner l’activité physique, le sommeil, l’alimentation ou encore la gestion du stress.

Cela peut également passer par la respiration, la relaxation, la relation aux autres ou le temps accordé à soi-même. L’objectif reste alors de considérer la personne comme un ensemble cohérent.

Quelle place pour les émotions dans une approche holistique ?

Les émotions occupent une place importante dans une vision globale de l’être. Elles constituent des expériences humaines qui peuvent influencer notre comportement et notre perception.

Cependant, elles ne doivent pas être considérées comme responsables de toutes les difficultés physiques. Une approche sérieuse conserve donc une certaine prudence face aux interprétations psychologiques (attention à qui vous vous adressez ou vous référez).

Néanmoins, les émotions peuvent constituer des informations intéressantes sur notre vécu. Elles peuvent nous aider à identifier certaines tensions, certains besoins ou certaines situations difficiles.

Ainsi, apprendre à reconnaître ses émotions peut favoriser une meilleure connaissance de soi. La sophrologie peut notamment proposer des exercices centrés sur la respiration, les sensations corporelles et l’attention.

Ces pratiques peuvent soutenir une démarche de bien-être. Elles ne remplacent cependant pas un diagnostic ou un traitement médical lorsque celui-ci est nécessaire.

L’environnement fait aussi partie de l’équilibre

Une vision globale ne s’arrête pas à l’intérieur de la personne. Elle prend également en compte son environnement social et quotidien.

Les relations, les conditions de travail, le rythme de vie et le cadre familial peuvent influencer le bien-être. De même, certaines contraintes environnementales peuvent peser durablement sur la santé.

Le National Center for Complementary and Integrative Health développe aujourd’hui la notion de « whole person health ». Cette approche prend en compte plusieurs domaines biologiques, comportementaux, sociaux et environnementaux. (NCCIH)

Cette conception rejoint donc certains principes de l’approche holistique. Elle encourage notamment à considérer les différents facteurs qui participent à la santé.

Toutefois, la recherche scientifique continue d’affiner cette notion. Une revue publiée en 2025 souligne notamment la diversité des dimensions utilisées pour définir la santé globale. (PubMed)

Approche holistique et soins holistiques : quelle différence ?

Il existe une différence entre une philosophie globale et les différentes pratiques proposées dans ce cadre. Une approche holistique constitue avant tout une manière de regarder la personne.

Les soins holistiques peuvent ensuite utiliser différentes méthodes selon les praticiens. Certaines pratiques peuvent être complémentaires à un accompagnement médical classique.

L’Organisation mondiale de la Santé distingue notamment les approches traditionnelles, complémentaires et intégratives. Elle définit les soins intégratifs comme une combinaison coordonnée de connaissances et de pratiques. (Organisation mondiale de la santé)

Cette distinction est importante pour conserver une démarche responsable. Une pratique complémentaire ne doit pas être présentée comme un remplacement automatique d’un traitement médical, surtout pas.

Le NCCIH souligne également l’importance d’intégrer les approches complémentaires aux soins conventionnels de manière coordonnée et fondée sur les données disponibles. (NCCIH)

Comment intégrer une vision holistique dans son quotidien ?

Adopter une vision globale ne nécessite pas forcément de bouleverser ses habitudes. Au contraire, quelques changements simples peuvent constituer un premier pas.

Tout d’abord, vous pouvez observer votre niveau d’énergie au cours de la journée. Ensuite, vous pouvez porter attention à votre sommeil, votre respiration et vos tensions corporelles.

Vous pouvez également vous interroger sur votre rythme quotidien. Avez-vous suffisamment de temps pour récupérer, respirer et vous éloigner temporairement des sollicitations ?

Par ailleurs, les relations sociales peuvent également participer à l’équilibre général. Identifier les relations qui vous nourrissent peut aider à mieux comprendre vos besoins.

Enfin, certaines pratiques peuvent créer des espaces de pause. La sophrologie, la relaxation, la méditation ou certaines activités corporelles peuvent accompagner cette démarche.

L’objectif n’est pas de tout contrôler. Il s’agit plutôt de développer une écoute plus attentive de soi.

Quelle place pour la sophrologie dans une démarche holistique ?

La sophrologie s’inscrit naturellement dans une démarche attentive au lien entre le corps et le mental. Elle utilise notamment la respiration, la détente corporelle, l’attention et la visualisation.

Pendant une séance, la personne est invitée à porter son attention sur ses sensations. Elle peut ainsi développer progressivement une meilleure perception de son état intérieur.

Cette démarche peut être intéressante lorsque l’objectif concerne la détente ou la gestion du stress. Elle peut également accompagner une réflexion plus large autour des habitudes de vie.

Cependant, la sophrologie ne prétend pas traiter toutes les dimensions de la santé. Elle peut plutôt constituer un outil complémentaire dans une démarche personnelle de bien-être.

Ainsi, une approche holistique ne consiste pas à chercher une solution unique. Elle consiste davantage à considérer plusieurs dimensions et leurs interactions.

Une approche centrée sur la personne

Une véritable vision globale commence donc par la personne elle-même. Ses besoins, son histoire, son rythme et son contexte méritent d’être pris en considération.

Cette approche encourage également une certaine autonomie. La personne devient actrice de son bien-être, sans pour autant porter seule la responsabilité de sa santé.

La recherche sur les soins dits « whole person » montre d’ailleurs que cette notion reste en évolution. Une revue systématique souligne que les termes « holistique », « global » et « biopsychosocial » se recoupent parfois, sans être parfaitement synonymes. (PubMed)

Il est donc préférable de parler d’une vision multidimensionnelle de la personne. Cette formulation permet d’éviter les promesses excessives tout en conservant l’intérêt d’une approche globale.

Pour aller plus loin : quelques références

Livres et auteurs

George L. Engel, The Need for a New Medical Model: A Challenge for Biomedicine, 1977.
Ce texte fondateur présente les bases du modèle biopsychosocial.

Jon Kabat-Zinn, Full Catastrophe Living, 1990.
L’auteur présente notamment la pleine conscience et son utilisation dans la gestion du stress.

Christophe André, Méditer, jour après jour, 2011.
Cet ouvrage propose une introduction accessible aux pratiques de pleine conscience.

Études et articles scientifiques

Engel, G. L., « The Need for a New Medical Model: A Challenge for Biomedicine », Science, 1977.

Wade, D. T. & Halligan, P. W., « The biopsychosocial model of illness: a model whose time has come », Clinical Rehabilitation, 2017. (PubMed)

Goonetilleke et al., « Pathways to well-being: Untangling the causal relationships among biopsychosocial variables », Social Science & Medicine, 2020. (PubMed)

DiGuiseppi et al., « Measuring Whole Person Health: A Scoping Review », Journal of Integrative and Complementary Medicine, 2025. (PubMed)

Sites de référence

En conclusion

L’approche holistique invite à regarder la personne dans toute sa complexité. Elle considère notamment le corps, le mental, les émotions, les relations et l’environnement.

Cependant, cette vision doit rester nuancée. Elle ne consiste pas à attribuer chaque problème physique aux émotions ou au mode de vie.

Au contraire, elle propose d’élargir notre regard sur la santé et le bien-être. Ainsi, chacun peut mieux identifier ses besoins et les ressources qui peuvent l’accompagner.

Dans cette perspective, la sophrologie et les soins holistiques peuvent trouver leur place comme approches complémentaires de bien-être. Ils peuvent notamment offrir des espaces pour ralentir, respirer et renouer avec ses sensations.

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